Une matinale dédiée à déconstruire les préjugés autour de la Protection juridique des Majeurs

Lundi 2 mars 2026, à l’occasion de l’ouverture de la Semaine nationale de la protection juridique des majeurs (SNPJM), l’Udaf du Gard a organisé une matinale dédiée aux idées reçues sur la protection juridique. Animée par Virginie Delefosse, cheffe de pôle protection, Mourad Abslama, chef de pôle juridique, et Jérôme Gillouin, directeur adjoint de l’Udaf30, cette conférence a permis de démystifier les préjugés entourant le métier de mandataire judiciaire et les personnes sous mesure de protection.

L’enjeu de visibilité pour notre Union départementale a été souligné en discours d’ouverture par le président, monsieur Lucien Bernard qui a contribué activement au développement du services des tutelles créé en 1990.

Du 02 au 8 mars, cette deuxième édition de la (SNPJM) vise à mieux faire connaître le métier de mandataire judiciaire, souvent victime de préjugés infondés et mal compris du grand public. Au-delà du métier, la protection juridique des majeurs concerne toute personne en situation de vulnérabilité, quel que soit son âge et sa trajectoire de vie. En effet, toute personne peut bénéficier d’une protection si une altération de ses facultés personnelles nécessite un accompagnement.

Démystifier les idées reçues et renverser les préjugés

Souvent associée à une visibilité médiatique négative (faits divers), la profession de mandataire judiciaire est en réalité largement encadrée par la législation. Son principe fondamental : le respect de la dignité de la personne et la protection de ses droits fondamentaux à travers la protection de ses biens et de sa personne.

Lors de cette matinale, une quinzaine d’idées reçues a été déconstruites et expliquée de manière pédagogique. Parmi les plus courantes :

« Le mandataire fait ce qu’il veut »

Le métier de mandataire judiciaire est soumis à un cadre légal strict, qui définit ses pratiques professionnelles et son champ d’intervention. Les tuteurs et curateurs sont contrôlés judiciairement par les magistrats, autorisés à exercer et contrôler administrativement par la DDETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités) du Gard et soumis aux processus d’évaluation des ESMS par la Haute Autorité de santé.

Ces dispositifs garantissent un accompagnement respectueux des droits de la personne protégée.

Ainsi, le mandataire n’est pas libre de faire ce qu’il veut : les textes de loi et les procédures internes de l’Udaf  assure la fiabilité du mandat exercé.

A titre d’exemple, plus de 130 procédures internes encadrent le bon déroulement du mandat et les pratiques professionnelles.

« Vous ne vous souciez que de l’argent et pas du reste »

Cette idée reçue est tenace, mais la gestion des ressources des personnes protégées est un sujet majeur à déconstruire. Le mandataire accompagne la personne dans la gestion de son budget, mais veille également à la protection de son patrimoine (mobilier et immobilier), de ses droits en matière de succession, par exemple. Par ailleurs, le mandataire assure que les droits fondamentaux de la personne soient respectés (libre choix du lieu de vie, de ses fréquentations, son accès aux soins, de son bien-être…)

« La personne ne peut plus rien faire elle-même, c’est à vous de régler tous les problèmes »

Bien que le métier de mandataire soit multiforme, il ne consiste pas à résoudre tous les problèmes de la personne accompagnée. Le mandataire intervient dans divers aspects de la vie (gestion budgétaire, patrimoine, etc.), toujours sous un cadre judiciaire strict.

Un principe fondamental guide cette profession : l’accompagnement vers l’autonomie et le respect des droits de la personne protégée. Celle-ci conserve son libre arbitre dans les choix de sa vie civile (santé, budget, patrimoine, etc.). Le tuteur ou le curateur n’a pas pour mission de tout régler à sa place : la personne accompagnée garde ses droits, et le juge intervient dans certaines situations nécessitant une décision d’arbitrage.

« Être sous mesure de protection, c’est pour la vie »

Une mesure de protection juridique ne signifie pas une perte des droits, mais plutôt une aide pour les exercer. Si la mesure est initialement fixée pour une durée de 5 ans, elle est révisée régulièrement pour s’adapter à l’évolution de la situation. Un allègement ou un aménagement peut intervenir avant la fin de la mesure.

La Semaine Nationale de la protection juridique des majeurs s’est donc ouverte par une matinale riche en échanges qui a permis aux participants de mieux comprendre ces métiers et le cadre légal qui les régit.

Ensemble, continuons à défaire les préjugés autour de la protection juridique.

Merci à tous pour votre participation !